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HAWA BLOG : Libre expression
Radars : Bingo ou jackpot pour l'Etat ? - 03/06/2008 à 17:06
 Radars : Bingo ou jackpot pour l'Etat ?

"Bingo pour l'etat
:Jean-Michel Desplos

Sur la base de 1 000 infractions par mois et par radar et de 1 500 radars fixes et mobiles sur les routes de l'Hexagone, on peut évaluer les revenus annuels de 2007, à environ 375 millions d'euros. Selon les estimations de la Sécurité routière, 50 % des infractions donnent lieu à une contravention et 75 % des infractions sont payées au prix de 50 euros en moyenne. Les études menées révèlent qu'un radar rapporte 208 000 euros par an.
En 2007, en Gironde, 395 919 in-fractions à la réglementation sur la vitesse ont été relevées par les radars fixes et mobiles. La très grande majorité de ces infractions (94 %), n'excèdent pas 20 km/h au-dessus de la limite autorisée. Les radars girondins auraient donc rapporté plus de 19 millions d'euros aux caisses de l'État.

La vitesse demeure le principal fléau dans le domaine de la sécurité routière contre lequel les forces de l'ordre cherchent à lutter en appliquant les directives du gouvernement."

Lire la suite : 

Bingo pour l'etat
RADARS. --L'année dernière, 395 919 infractions à la vitesse ont été relevées en Gironde. Elles ont permis à l'État d'encaisser plus de 19 millions d'euros
[SUD OUEST 03/06/08]

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Faux chômeurs : une enquête qui ne ferait... - 03/06/2008 à 17:05
 

Faux chômeurs : une enquête qui ne ferait pas l'affaire du gouvernement
"Les « faux chômeurs » ne représentent pas plus de 2 % des demandeurs d'emploi
Les « faux chômeurs », c'est-à-dire ceux qui s'inscrivent à l'ANPE sans vouloir retrouver du travail, ne représentent pas plus de 2 % des demandeurs d'emploi. C'est l'une des nombreuses surprises que réserve l'étude sur les « freins à la reprise d'emploi », publiée hier par le ministère du Travail. Menée en mai 2007 auprès de 3.280 personnes (1), cette enquête ne fait pas forcément l'affaire du gouvernement, qui voit dans le renforcement du contrôle des chômeurs l'un des principaux moyens de parvenir au plein-emploi. Loin des idées reçues, il montre que les chômeurs sont prêts à de lourdes concessions pour retrouver le chemin du travail. Plus des trois quarts d'entre eux accepteraient un emploi inférieur à leur qualification. La moitié serait disposée à déménager. Un sur deux serait même prêt à signer un contrat de travail précaire ou à temps partiel si cela lui était proposé.

Comment expliquer, dès lors, que le nombre de chômeurs frôle encore la barre des 2 millions, alors que les emplois non pourvus sont au moins 300.000 ? Si les candidats à l'emploi restent au chômage, c'est parce que les offres sont insuffisantes, ou qu'elles sont inadaptées à leur qualification et à leur expérience, indiquent une grande majorité (82 %) des personnes interrogées par le ministère de l'Emploi.

Raisons financières

Les diplômés du supérieur sont d'ailleurs les plus nombreux à refuser les offres qui leur sont proposées. Un tiers d'entre eux ont été au moins une fois dans ce cas. C'est beaucoup plus que les bacheliers (26 %) et que les personnes n'ayant aucun diplôme (14 %).

Dans bien des cas, ce sont les raisons financières qui justifient ces refus. C'est, en tout cas, le motif le plus souvent cité, devant la « mauvaise situation géographique » et la « pénibilité du poste ». De fait, les personnes qui ont repris un emploi s'avèrent souvent déçues : quatre sur dix estiment que leur situation financière ne s'est pas améliorée un an après leur reprise d'emploi. La mise en place du « revenu de solidarité active », qui vise à rendre le travail systématiquement plus intéressant que l'assistance, semble donc plus que jamais d'actualité.

LUCIE ROBEQUAIN
(1) Enquête menée auprès de 3.280 personnes âgées de 23 à 55 ans qui percevaient, en 2005, moins de 1,5 SMIC net."

Les « faux chômeurs » ne représentent pas plus de 2 % des ...
- Les Échos
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L'UFC s'alarme de la flambée des prix du... - 20/05/2008 à 14:57
 

L'UFC s'alarme de la flambée des prix du carburant

NOUVELOBS.COM |

L'association de consommateurs réclame deux mesures d'urgence : une hausse de la prime à la cuve et la mise en place du chèque-transport.

(AFP)

  (AFP)

 

L'association de consommateurs UFC Que Choisir a réclamé, mardi 20 mai, deux mesures d'urgence face à la flambée des prix des carburants, une hausse de la prime à la cuve et la mise en place du chèque-transport.
Jugeant "particulièrement dramatique" cette hausse pour les ménages ruraux, l'association demande que la prime à la cuve de fioul pour les ménages modestes, doublée par le gouvernement en janvier, passe de 150 à 250 euros, selon un communiqué.
Elle souhaiterait aussi que le chèque transport soit "appliqué, avec l'aide de l'Etat, pour la fraction de ménage la plus touchée par la hausse des prix du carburant", avec notamment "une participation financière (de l'Etat) pour l'achat de billets de transport collectifs".

Une situation "intenable"


Selon l'UFC, les conséquences de la flambée des prix des carburants, qui volent de record en record depuis un mois et demi, "sont particulièrement dramatiques pour les ménages ruraux".
"Les dépenses pétrolières représentent 8,5% du budget en milieu strictement rural et près de 7% du budget dans les petites villes", estime l'UFC.
En 2006, le tiers des ménages ruraux les plus modestes, soit environ deux millions de foyers, ont consacré en moyenne plus de 10% de leur argent au carburant et au fioul, indique l'UFC, en citant une enquête de l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques).
La situation pour ces ménages est devenue "intenable" car chaque augmentation de 10% du prix des produits pétroliers "ampute de 1% leur pouvoir d'achat total", souligne l'UFC
L'UFC s'alarme de la flambée des prix du carburant 20.05 à 12h46
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"Sarkozy conduit. La place du mort,... - 20/05/2008 à 14:55

"Sarkozy conduit. La place du mort, c'est pour Fillon"  

Où l'on comprend bien que N. SARKOZY se dit seul capable de bien faire les choses. Grave, tout de même...
Remarquez, nous n'avions jamais au un gouvernement avec autant de "bras cassés" avec, à sa tête, Sarko-i-robot...

"Sarkozy : «Il faut tout faire soi-même»…

Par Nicolas Domenach. Si si, Sarkozy a changé : il est passé de l'hyperprésident à Sarkoman le super héros qui fait tout, ne délègue rien, pilote à fond. Et devinez qui occupe la place du mort?

 
C'est Nicolas Sarkozy en personne qui a corrigé l'incorrigible secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, coupable d'avoir gaffé, hier, en prétendant qu'il fallait supprimer la durée légale du travail, alors que le président veut l'assouplir par une loi à venir. C'est Nicolas Sarkozy lui-même qui a procédé, hier encore, aux ultimes arbitrages concernant la réforme constitutionnelle, notamment l'introduction de la règle d'or qui vise à empêcher le déficit budgétaire et à obtenir de vote des élus du Nouveau Centre, très à cheval là-dessus. C'est Nicolas Sarkozy encore, qui a décidé que le petit-déjeuner hebdomadaire des dirigeants de la majorité, se tiendrait à l'Elysée. C'est Nicolas Sarkozy toujours, qui va tenir, au Palais, une réunion hebdomadaire des ministres politiques sarkozystes, Hortefeux, Bertrand, Wauquiez, Woerth, Morano, dont Fillon ne fait pas partie. La main de fer élyséenne est moins que jamais de velours…
Notre héros a changé certes, mais en pire ou en meilleur ? C'est comme on voudra. C'est-à-dire en s'impliquant toujours plus et à tous les niveaux. Super-Sarko, c'est Super Héros, Batman, Superman, Spiderman, Iron Man à la fois. Sarkoman joue désormais tous les rôles de sauveur de la patrie.
Le président de la République ne se cache pas d'ailleurs de cette prétention maximaliste. Quand on le rencontre, il se met en avant sans vergogne. Il revendique cette hyperactivité que les bévues des uns, les gaffes des autres et les difficultés économiques rendraient plus que jamais nécessaire. « Je n'ai pas été élu, répète-t-il, pour faire arbitre, mais pour marquer des buts », pour attaquer d'abord, mais pour défendre aussi, pour jouer à tous les postes. Et pour sélectionner. Et pour entraîner. Et pour faire les commentaires. La présidence arbitrale, la présidence fainéante, avec le quinquennat, ce serait fini. L'Histoire de France s'accélèrerait à « donf ».
Des institutions à la communication moderne, le chef de l'Etat est obligé de se démultiplier, d'être sur tous les fronts politicio-médiatiques, sur tous les écrans. Si on ne les occupe pas, ils s'occupent de vous à votre détriment. "
Lire la suite :

Sarkozy : «Il faut tout faire soi-même»… Nicolas Domenach

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Copé et Fillon sonnent la... - 20/05/2008 à 14:53
 

Copé et Fillon sonnent la "mobilisation"

A quelques heures de l'ouverture du débat sur la réforme des institutions, François Fillon et Jean-François Copé ont lancé "un appel à la mobilisation générale" du groupe UMP pour soutenir le projet de loi, a déclaré le patron des députés UMP.

"Nous avons été clairs sur un appel à la mobilisation générale", a dit M. Copé lors d'un point de presse. "Nous avons trois haies à franchir, la réforme des institutions, le texte sur les OGM, et le projet de loi sur la modernisation de l'Economie (LME) qui sont des textes politique majeurs", a affirmé M. Copé.

"J'ai lancé avec le Premier ministre un appel total à la mobilisation générale", a-t-il répété. Pour la gauche, "c'est l'heure de vérité", a-t-il ajouté car "on ne marchande pas avec la Constitution".

Source : AFP

14h15 Copé et Fillon sonnent la "mobilisation"

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Trucages - Des stars liposucées... - 20/05/2008 à 14:39
Trucages - Des stars liposucées numériquement
Si vous aviez des complèxes, lisez cet article et la vidéo qui suit.
Vous vourrez comme on se sent mieux après...
Euh, désolée pour celles et ceux qui pensaient que tout était "vrai"...


Trucages -
Britney Spears et consorts, liposucées numériquement
Britney Spears
Agrandir l'image
Crédit Photo : DR 
Capture d'écran d'une vidéo d'une société de post-production américaine mettant en évidence les retouches dans les clips de stars. Ici, Britney Spears, avant et après, dans "Gimme More"

Le double menton de Ricky Martin? Gommé! Les cernes d'Avril Lavigne? A la trappe! Découvrez, dans cette vidéo, les miracles de la retouche numérique.

Ce document d'une société de post-production américaine en dit long sur l'artifice des représentations proposées au public.

Ludmilla INTRAVAIA - le 20/05/2008 - 13h05

  • .
    On le savait, les stars sont retouchées des pieds à la tête, en couverture des magazines et, évidemment, dans leurs clips vidéo. Mais ce document de promotion de la société américaine Room, spécialisée en post production audiovisuelle (à découvrir ci-dessous) en dit long, images à l'appui, sur l'artifice des représentations qui sont proposées au public.
     
    Popotins qui rétrécissent, tailles qui s'étranglent, cicatrices qui s'évanouissent et poignées d'amour qui disparaissent..., c'est certain, le double menton de
    Ricky Martin et les cernes de Beyoncé ou d'Avril Lavigne ne disent pas merci à la fée trucage. Les célébrités, par contre, elles, l'idolâtrent.
 
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Le "Chant des Partisans", un... - 18/05/2008 à 17:15

 Le "Chant des Partisans", un avertissement au gouvernement

Sur une idée de Aka75 (site web), les Français devraient se réapproprier ce chant pour résister à l'"envahisseur" et  son gouvernement.
Le fait même de chanter "Ce chant des Partisans", serait une manière non-violente de se faire entendre et de rassembler d'autres résistants.
Le Chef de l'Etat, a fait une annonce de trop, celle sur un chômeur (voir ici
N. Sarkozy fait faire des heures sup', le samedi  et ici Un chômeur est indemnisé en fonction de ses précédentes côtisations)



Paroles: Maurice Druon, Joseph Kessel. Musique: Anna Marly   1943
© Editions Breton

note: Textes original en russe d'Anna Marly, puis adapté en français.


Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau: dynamite...

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Sifflez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

http://www.paroles.net/chanson/12691.1

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Un rappel au et du bon sens - 18/05/2008 à 17:14

 Un rappel au et du bon sens

Après l'Appel à la désobéissance civile, un rappel du Bon sens 
"Rester en contact avec ce qui est

    L’appel au bon sens a sa justification face à l’attitude du raisonneur qui reporte indéfiniment l’action par les discours. L’homme de bon sens a certes pris le parti de la prudence, mais il a aussi choisi l’action et non son commentaire indéfini ou sa seule interprétation. C’est un reproche que nous adressons souvent aux hommes politiques, que de se montrer trop raisonneurs et pas assez raisonnables.
    1) Cependant, il y a un point essentiel sur lequel nous devons insister. Il y a dans le bon sens une forme d’auto-référence du jugement et un sens de l’observation qui méritent d’être soulignés. L’homme de bon sens juge par lui-même et fonde ce qu’il sait sur ce qu’il voit. Ce n’est pas là une attitude qu’il faudrait renier.
    Par contre, il est tout à fait étrange qu’une personne soit douée d’un bon sens à toute épreuve dans un domaine, celui de son travail, mais en soit par ailleurs dépourvue, quand il s’agit d’aborder des questions pratiques touchant par exemple au droit, à la morale, la religion, l’éducation ou même la santé. On peut être très pragmatique dans les affaires et par contre particulièrement simplet, crédule et inconséquent dans la conduite de la vie, en matière de religion ou de prescription morale.
    Pourquoi ne savons-nous pas mettre en accord ce que nous observons et nos décisions ? C’est pourtant de bon sens. Gustave Le Bon disait que « beaucoup d'hommes sont doués de raison, très peu de bon sens » ! 
Si j’observe qu’une chose produit des effets qui ne sont pas souhaitables, qui sont dommageables et vont à l’encontre de ce que nous pouvons consciemment rechercher de meilleur, il est de bon sens de refuser mon adhésion à son maintien. – Quel que soit par ailleurs le discours de justification que l’on prétend me servir pour me prouver le contraire -. Ce qui reviendrait à vouloir m’abuser. Il n’est pas un seul domaine pratique dans lequel nous devions retrancher l’attitude du bon sens. Quand je suis confronté à un danger physique, j’ai un sursaut et je fais un pas en arrière. Si la maison brûle, ce n’est pas le moment de tergiverser, il faut agir tout de suite. Ce qui est une attitude tout à fait saine. Or, curieusement, nous n’avons pas du tout la même réaction quand il s’agit d’un
danger moral, d’une menace psychologique, d’une calamité sociale, d’un danger qui touche à l’environnement. (Quant à la souffrance de l’âme, n’en parlons pas, nous n’en n’avons que faire).
Dans notre société actuelle, il faut faire un tapage d’enfer pour soulever les
problèmes que nous n’avons même plus le bon sens de reconnaître immédiatement. Alors que les faits sont là et qu’ils crèvent les yeux. Il y a quelque chose de névrotique dans cette étrange inconscience, cette cécité, cette complaisance, cette dissimulation et ce déni des faits. Tenter, par le discours, de se donner bonne conscience en dissimulant les faits, en cherchant à cacher, à dénier l’importance de ce que l’on a là, sous les yeux, c’est maintenir l’illusion.

    2) Dans Le Rire, Bergson fait quelques remarques très pertinentes sur le mécanisme de l’illusion en étroite corrélation avec le bon sens. Il prend l’exemple de Don Quichotte. « Je suppose qu'un jour, vous promenant à la campagne, vous aperceviez au sommet d'une colline quelque chose qui ressemble vaguement à un grand corps immobile avec des bras qui tournent. Vous ne savez pas encore ce que c'est, mais vous cherchez parmi vos idées, c'est-à-dire ici parmi les souvenirs dont votre mémoire dispose, le souvenir qui s'encadrera le mieux dans ce que vous apercevez. Presque aussitôt, l'image d'un moulin à vent vous revient à l'esprit : c'est un moulin à vent que vous avez devant vous ».
    Il se peut qu’auparavant, nous ayons lu un conte de fées avec des géants aux grands bras. Cependant, il est de bon sens de ne pas
surimposer la représentation du conte de fées et de ne convoquer que ce qui est de l’ordre d’une observation juste. Donc ici se souvenir de ce qui est utile, mais aussi oublier ce qui ne s’accorde pas avec les faits. Donc se libérer du connu pour rester en contact avec ce qui est.
    « Le bon sens consiste à savoir se souvenir, je le veux bien, mais encore et surtout à savoir oublier. Le bon sens est l'effort d'un esprit qui s'adapte et se réadapte sans cesse, changeant d'idée quand il change d'objet. C'est une mobilité de l'intelligence qui se règle exactement sur la mobilité des choses. C'est la continuité mouvante de notre attention à la vie».
    Que se passe-t-il dans l’esprit de Don Quichotte ? Il voit dans la forme vague devant lui ce qu’il désire voir. Il
surimpose à la forme perçue une image qui n’est qu’une construction mentale de la pensée. « Voici maintenant Don Quichotte qui part en guerre. Il a lu dans ses romans que le chevalier rencontre des géants ennemis sur son chemin. Donc, il lui faut un géant. L'idée de géant est un souvenir privilégié qui s'est installé dans son esprit, qui y reste à l'affût, qui guette, immobile, l'occasion de se précipiter dehors et de s'incarner dans une chose. Ce souvenir veut se matérialiser, et dès lors le premier objet venu, n'eût-il avec la forme d'un géant qu'une ressemblance lointaine, recevra de lui la forme d'un géant. Don Quichotte verra donc des géants là où nous voyons des moulins à vent». Don Quichotte perd tout bon sens parce qu’il n’a pas su se libérer de ses constructions mentales et adapter immédiatement son attention à l’observation. Son esprit suit une suggestion et littéralement hallucine une pensée. Ce qui produit une situation où l’esprit est submergé par une illusion. Dans l’illusion se produit un retournement du bon sens. Le bon sens voudrait que nous ayons une promptitude à observer qui devance la propension à penser.

 Dans les termes de Bergson cette inversion« consiste à prétendre modeler les choses sur une idée qu'on a, et non pas ses idées sur les choses. Elle consiste à voir devant soi ce à quoi l'on pense, au lieu de penser à ce qu'on voit. Le bon sens veut qu'on laisse tous ses souvenirs dans le rang ; le souvenir approprié répondra alors chaque fois à l'appel de la situation présente et ne servira qu'à l'interpréter. Chez Don Quichotte, au contraire, il y a un groupe de souvenirs qui commande aux autres et qui domine le personnage lui-même : c'est donc la réalité qui devra fléchir cette fois devant l'imagination et ne plus servir qu'à lui donner un corps. Une fois l'illusion formée, Don Quichotte la développe d'ailleurs raisonnablement dans toutes ses conséquences; il s'y meut avec la sûreté et la précision du somnambule qui joue son rêve».  Le développement des
constructions mentales de l’illusion est ce qui donne sa cohérence à l’attitude de celui qui s’y trouve immergé. Il s’est produit un décalage entre l’esprit et ce qui est. L’esprit est dans son fantasme et tout ce qu’il fera sous l’empire de son fantasme manquera de bon sens. C’est une existence peut être dans la conscience de veille, mais c’est une existence de somnambule. Il lui manque le sens du voir. La lucidité.

    Nous sommes tous des Don Quichotte quand nous sommes en proie à des illusions et que nous cherchons par-dessus tout à faire plier la réalité à nos désirs. Que ces illusions soient individuelles ou qu’elles soient collectives. Le résultat est le même. Il se solde par une perte de tout bon sens.

    3) Gardons donc les yeux ouverts et ne perdons jamais notre sens de l’observation. Même s’il en coûte de l’impertinence et un crime de lèse-majesté contre la bienséance. Comme le souligne Marc de Smedt dans Eloge du bon sens, le bon sens est la première porte vers la sagesse. A une époque où un prêt à penser est distribuer quotidiennement par la télévision, comme le coca au distributeur ; à une époque où le fanatisme prend une ampleur inégalée, il est urgent de revenir au sens de l’observation pour s’orienter dans le labyrinthe des idées reçues. Le bon sens est très modeste. Pas glorieux. Simple. Il n’a pas l’altitude de la science, ni l’envergure de la spéculation pure. Il n’est pas une connaissance, il demande seulement de regarder les faits, droit dans les yeux. Ce n’est pas une raison pour mépriser son souci d’adaptation et de se moquer de l’homme qu’il représente. Alain écrit dans les Propos sur le bonheur : « le bon sens veut que chacun s'adapte aux conditions réelles de la vie en société et il n'est point juste de condamner l'homme moyen ; c'est folie de misanthrope ».

Un esprit dépourvu de tout bon sens pourrait-il encore être intelligent ? Non dans le sens de la grandeur de l’intelligence en accord avec ce qui est. Dans le sens de la lucidité. Mais oui dans un sens très précis et assez inquiétant. Un esprit dépourvu de bon sens pourrait être un esprit calculateur redoutable, il pourrait être aussi être un raisonneur terriblement efficace… mais dépourvu du sens du réel. Je crains que dans l’univers technocratique dans lequel nous vivons, il n’y ait plus de place que pour cette forme d’intelligence. Demandez autour de vous ce que veut dire « intelligent ». La plupart des gens vous répondront en terme d’efficacité technique (l’exemple du surdoué en calcul, le problème de mathématiques vite résolu, le quotient intellectuel, l’auteur d’une théorie in­compréhensible au commun des mortels, mais très à la mode etc.) C’est le revers de la mentalité postmoderne. Notre éducation ne sait développer que l’intelligence abstraite. Elle fait peu de cas du bon sens et ne propose pratiquement rien pour apprendre à chacun à observer directement. Elle se complaît dans la théorie et néglige le rapport direct avec ce qui est. Ce serait gâter l’esprit que de contribuer à mettre à mal le bon sens. Mais c’est pourtant ce que nous faisons. Nous n’avons pas encore trouvé le moyen dans notre système éducatif de laisser toute sa place au sens de lobservation. Nous ne savons même pas faire un usage concret de notre savoir. Notre science demeure coupée de la vie.

L’essentiel réside dans l’exercice constant de la lucidité. Il faut très peu de choses pour que nous soyons emportés par un flot de réactions émotionnelles et pour troubler la clarté de la conscience. La compréhension du jeu des émotions et du mental éclaire et permet de flotter avec nos émotions tout en gardant une clarté de l’intelligence. Pour citer Marc de Smedt dans Eloge du bon sens : « il suffit de la fixation d’une émotion ou d’un ressenti à l’état de pensée qui tourne en rond, et voilà le champ de notre conscience envahi.
       Réanimer cette lucidité, l’éveiller, la faire sortir de cette
stupeur (ou de ce tourbillon) qui annihile toute perception annexe, est ne fait notre travail essentiel en ce monde ».


 Le drame de notre époque, c’est de creuser un fossé entre le savoir et la vie. La connaissance devrait être au service de la vie, c'est-à-dire au service de la sagesse. La sagesse ne saurait exister sans connaissance. Le bon sens assume un rôle, celui du passeur qui permet de faire les premiers pas vers une intégration de la connaissance. Une raison pratique, mais qui demeure sans raison théorique. Entre le domaine du savoir où les polémiques font rage, où les théories ne sont jamais définitivement établies, et le champ de l’action où il faut bien prendre des décisions, même sans assurance complète, il y a un espace vide. Que l’on remplit grâce au bon sens.

Admettons avec Descartes que le bon sens est la chose du monde la mieux partagée. Mais la stupidité aussi. Il faut s’avoir s’éveiller de la stupeur de la stupidité, ce qui nécessite un solide sens critique contre le sens commun et son bagage de préjugés. Contre l’esprit raisonneur et son aveuglement. Contre l’illusion et ses chimères. Contre l’inertie de l’esprit et son conformisme paresseux. La restauration du bon sens passe par le développement de l’observation."
 
Philosophie et spiritualité - Raison et bon sens

> La solution du bon sens est la dernière à laquelle songent les spécialistes.
[Bernard Grasset]

> L'homme puissant qui joint l'audace à l'éloquence devient un citoyen dangereux quand il manque de bon sens.
[Euripide] [+]
Extrait de Les bacchantes

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Des internautes avisés 19 - 18/05/2008 à 17:13
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